AMEN
" Rage Against the Machine, Lofofora, No One, Silmarils, Oneyed Jack et je ne sais quoi encore sont priés d'aller se
rhabiller. " Que fait Amen ? Pareil mais plus : plus de maîtrise, plus de groove, plus d'énergie, plus de verve, plus de
puissance, et surtout... plus de plaisir à jouer. C'est de la pure éclate, rien de moins, rien de plus, et c'est ce qu'on a entendu -
et ce qu'on entendra durablement, sans doute - de mieux dans le genre funk-rock trashy et déjanté. Je dis amen. (RC)
ANDY'S CAR CRASH
Formes
Bruitiste et atmosphérique, la pop ascétique d'Andy's Car Crash se caractérise par des textures extrêmement composées,
quelque chose entre les empilements de guitares à cru de Glenn Branca et le réacteur d'avion, et une véritable quête de
musicalité, dans une indépendance de ton quasi-obsessionnelle, volontiers poseuse, qui balaye toute tentative de
rattachement à une influence précise. Une nouvelle voie ? (RC)
ATARI TEENAGE RIOT
60 second wipe out
L'électro-jungle-punk impulsif et joyeux (!) d'Atari Teenage Riot pulvérise en sauvagerie la plupart des références
antérieures, avec un science spontanée de la scancion furieuse qui doit au hip-hop et au dub au moins autant qu'au rock
hardcore d'un Action Swingers ou d'un Dead Kennedys. Le jusqu'auboutisdme insurrectionnel du groupe, qui n'est pas sans
rappeler celui d'autres Messagero Killer Boys, passe aussi par les voix, cris et chants masculins et féminins mêlés dans une
débauche très " adolescente. " A découvrir sans a priori. (RC)
BAUHAUS
Gotham
On pourra se plaindre de ce que cet album posthume de Bauhaus, co-inventeur et figure mythique de la coldwave aux côtés
des non moins mythiques Sisters of Mercy dans les early eighties, reprenne encore et toujours les mêmes titres archiconnus,
vus et revus sur tant de compiles déjà parues. Mais quel bonheur
quel bonheur de retrouver dans ce florilège attendu -
live, tout de même, et terriblement bien enregistré (ô ce frisson des premières notes de basse sursaturées sur l'ouverture
magique de " Double dare " !) - tout le noir talent de ce groupe, de ces temps oubliés où la pop britannique savait regarder
ailleurs que derrière elle, et inventait de nouvelles formes. On s'étonnera encore, nostalgique, de cet étrange assemblage de
mysticisme athée, de gueule de bois post-punk en désespérance, de pop-attitude expérimentale ici encore trop peu
représentée sinon, comme d'habitude, à travers le très brillant " All we ever wanted ", et même de disco bowiesque avec le
secouant " Kick in the eye "... Le concert a été enregistré en 98, à l'occasion d'une tournée opportuniste de " reformation " :
cela ne s'entend pas du tout et c'est tant mieux. (RC)
BLACK LUNG
The great architect
La techno en eaux troubles de l'australien Black Lung ne s'éloigne finalement pas autant qu'on le voudrait des schémas
classiques du genre. Les introductions, souvent très élaborées, lancent un tas de promesses que les morceaux ne tiennent pas
sur la longueur (un peu comme un politicien en campagne ?). Et pourtant, il y aurait matière
(RC)
BLAST
Binarybind
L'art de la saccade. Voici à quoi se résume tout l'art de Blast. C'est peu et c'est beaucoup. Car cette ascèse technoïde, qui
bizarrement fait l'économie du sample et de la chère synthèse numérique, n'est pas sans attraits : les constructions y sont plus
directes, plus nettes et nues sans doute que chez bien d'autres de leur coreligionnaires (?), sans pour autant verser dans les
ratiocinations minimalistes d'un Esplendor Geometrico. Un bel exercice de style. (RC)
DOVER
Late at night
Vous avez déjà entendu la power-pop énervée de Dover quelque part ? Normal, rien ne les distingue de tous les autres
groupes de power-pop énervée de la planète. Enfin si, soyons juste : ils sont espagnols (mais ça ne s'entend pas) ; le
chanteur est en fait une chanteuse (mais ça n'apporte rien) ; et la guitariste place ponctuellement - mais ponctuellement
seulement - un riff mortel qui nous fait dire qu'elle devrait
changer de groupe ? Le premier titre de " Late at night " est
excellent : profitez-en, c'est le seul. (RC)
LARA CROFT
Female icon
Dans le genre grosse machine marketing, Tomb Raider et son héroïne numérique culte Lara Croft n'ont rien à envier à Star
Wars. " Female icon " est en effet un produit dérivé, comme ils disent dans le showbiz, qui porte admirablement bien son
nom de produit, car pour ce qui est d'un semblant de sensibilité artistique, on repassera. Une longue galette d'easy listening
branchée, interprétée sans humour par Rhona Mitra, ex-présentateuse télé dépourvue de toute espèce de talent (mais dotée
en revanche d'une intéressante poitrine et d'un joli visage), produit par le pathétique Dave Stewart (la moitié d'Eurythmics et
beaucoup de génie derrière lui), désireux semble-t-il de clamer haut et fort l'infinie variété de son hasbeenisme, le tout
enregistré sur un bateau-studio 48 pistes sur le fleuve Amazone, ce dont on se branle vraiment. Risible. (RC)
MERZHIN
1ère lune
Il y a belle lurette que le rock français dit " alternatif " n'a plus rien d'une alternative, du moins pas dès qu'un guitar-hero de
province se pique de folklore pour " enraciner " sa maigre resucée punk-reggae mille fois entendue. Louise Attaque (allez,
Louise !), Merzhin s'embourbe... (RC)
TAHITI 80
I.S.A.A.C.
Une basse ronde qui dandine du cul, autour de laquelle remue doucement une pop-music informe, dans la grande tradition
anglaise. Du tout venant. (RC)
TYPE O NEGATIVE
World coming down
Oubliez tout ce que vous avez pu entendre jusqu'ici de Type O Negative. Ce nouvel album n'a rien à voir, rien à faire du
passé à nos yeux pitoyable du groupe, resucée hardeuse des Sisters of Mercy. On évolue ici dans de toutes autres eaux, entre
un Black Sabbath sensiblement désaccordé, un Laibach sous morphine ou encore un Bowie en plein revival de soi-même.
Bref vous l'aurez compris, Type O Negative a enfin trouvé son style et curieusement, ça valait le coup d'attendre. (RC)
VERBENA
Into the pink
Il semblerait que les Smashing Pumpkins aient fait des émules. Ce sont ici la même noisy-pop minaudante, les mêmes
soudains revirements rock'n roll, les mêmes enchevêtrements de voix, les mêmes arrangements bruineux, les mêmes
fantaisies impeccables et timides et finalement, la même absence de consistance. (RC)